Extension du domaine de la lutte - Michel Houellebecq - J'ai lu 1999

Publié le par Gerard Dantec

Roman

Quatrième de couverture :

"Ainsi débute l'odyssée désenchantée d'un informaticien entre deux âges, peu convaincu de l'intérêt de son métier, jouant toutefois son rôle en observant les mouvements humains et les banalités qui s'échangent autour des machines à café. L'installation d'un progiciel en province lui permettra d'étendre le champ de ses observations, d'anéantir les dernières illusions d'un collègue - obsédé malchanceux - et d'élaborer une théorie complète du libéralisme, qu'il soit économique ou sexuel."


Extraits :

chap I-10 : Les degrés de liberté selon J.-Y. Fréhaut  "Je connais un peu ce garçon ; ... Une fois nous avions parlé civilisation. Il disait - et en un sens il le croyait vraiment que l'augmentation du flux d'informations à l'intérieur de la société était en soi une bonne chose. Que la liberté n'était rien d'autre que la possibilité d'établir des interconnexions variées entre individus, projets, organismes, services. ... Il comparait en quelque sorte la société à un cerveau, et les individus a autant de cellules cerebrales, ... Mais l'analogie s'arretait là. Car c'était un libéral, et il n'était guère partisan de ce qui est si necessaire dans le cerveau : un projet d'unification."

chap II-6 : Rouen-Paris :  "Tout mon travail d'informaticien consiste à multiplier les références, les recoupements, les critères de décision rationnelle. Ca n'a aucun sens. Pour parler franchement, c'est même plutôt négatif ; un encombrement inutile pour les neurones. Ce monde a besoin de tout, sauf d'informations supplémentaires."

Commentaires :

Du Houellebecq, un des premiers, déjà cynique et désabusé. Une description tour a tour hilarante ou desespérante des différents acteurs rencontrés dans les projets informatiques. Des phrases d'anthologie.

Publié dans Au fil des lectures

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